15 avril 2008
FRAC Lorraine / You are my mirror 1: l'infamille

Communiqué de presse :
Éric Pougeau, Salla Tykkä, Gillian Wearing, Emmanuelle Antille, Patty Chang, Gina Pane, Agnès Varda
You are my mirror 1: l'infamille
Du « Familles, je vous hais » gidien, aux ambiances
vitriol et sulfureuses des dernières sorties littéraires ou de la
production cinématographique - Chabrol, Vinterberg, Bergman, Almodovar,
pour n'en citer que quelques-uns - la famille ou plutôt « l'Infamille »
semble un thème d'inspiration inépuisable.
Échanges conflictuels,
problèmes intergénérationnels, secrets ou non-dits, Œdipe mal résolu,
rapports fusionnels ou possessivité, amour vache, voire sadisme... voici égrenés quelques morceaux choisis
de défaillance familiale : des données multiples pour une équation aux variables infinies. L'érosion du modèle familial traditionnel, le
déclin de la figure patriarcale et la contestation de l'omniprésence de
la mère ont fait voler en éclat les apparences lisses et consensuelles
« des possessions jalouses du bonheur1 » pour révéler les failles des
relations entre individus d'une même « tribu ».
Les artistes nous proposent un regard à rebours des conventions
sociales et soulèvent les sujets épineux qui hérissent le long fleuve
tranquille de l'amour filial/familial... À travers des vidéos ou
photos, ils/elles tentent de mettre en évidence l'artificialité des
normes qui régissent nos vies et les échanges sociaux. Tensions et
frictions (Gillian Wearing, Salla Tykkä), ambivalence des sentiments et
des désirs (Emmanuelle Antille, Patty Chang), figure protectrice et
étouffante de la mère (Gina Pane), immixtion dans la sphère de
l'intime, possessivité perverse (Éric Pougeau) ou simplement érosion
des sentiments (Agnès Varda), émaillent un parcours aux vertus
cathartiques. Car, après tout, ces regards mêlés d'amour et d'humour, poursuivent le récit, bien connu depuis la tragédie antique, de la difficulté d'aimer.
Je t'aime, moi non plus ?
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