02 février 2008
Expos de László Fehér : "The story of Judit" & "Pastels"
Vu sur le site http://www.artonight.com/
Du 1er février au 22 mars 2008 à la Galerie Orel Art
Ouverture : du mardi au samedi de 11h à 13h et de 14h à 19h.
Entrée libre.

László Fehér, Judith with landscape, 2006, huile sur toile, 162 x 220 cm.
The story of Judit (présentation de la Galerie Orel Art) :
Dans son projet ”The story of Judit”, László Fehér présente un sujet
personnel qui lui est cher : le trouble psychologique de sa fille.
Le sujet est vu à travers les yeux du père mais également à travers
ceux de l’artiste : douleur et incompréhension se mêlent alors à la
thématique de la solitude, que Laszlo a mis en exergue dans son œuvre.
Malgré la complexité de cette situation, il explore des événements et
des situations extrêmement simples et communs.

László Fehér, Judith with arms hold up, 2007, huile sur toile, 180 x 250 cm.
Dès le début de sa carrière artistique, dans les années 1970, László
Fehér manifeste un grand intérêt pour la photographie, qui l’oriente
dans le choix des sujets et du cadrage de ses œuvres.
Sa manière de peindre, procédant de lourds coups de pinceau, réfère au
tourment de l’existence humaine. Pourtant, la composition reste calme
et les couleurs confèrent à la toile une certaine sérénité. Le fond
noir évoque un calme infini et une mélancolie impénétrables, en même
temps qu’il clôt visuellement l’espace virtuel de la composition. C’est
à la fois un objet et un mur – une surface confinée et une nuit
éternelle. Ainsi, l’espace pictural s’étend et les personnages
deviennent infiniment solitaires, perdus et hésitants. Ils sont comme
aliénés par le monde qui les entoure et en deviennent parfois même
”transparents”. Ces personnages racontent et portent une histoire en
eux-mêmes ; ils ne créent pas leur propre histoire, mais la subissent.
Ils sont fragiles et lascifs (Judit in red armchair), exprimant leur
pathos à travers une protestation silencieuse.
L’artiste cherche à convier ainsi l’anxiété universelle, le désespoir
irrévocable et l’isolation de l’homme moderne, à travers la
représentation de sa jeune fille Judit.
La formulation de ce sujet est beaucoup plus complexe qu’il n’y paraît
à première vue. La série présente des événements et des situations
divers : Judit à l’arrêt de bus, dans un fauteuil rouge, étendue sur le
sol, avec des lunettes de soleil, les bras tendus, parlant au
téléphone... Les situations sont extrêmement simples et naturelles,
elles ne sont ni délibérées ni didactiques. Le regard de Judit est
parfois dirigé directement vers le spectateur et le questionne, comme
dans Judit with arms hold up. Dans d’autres oeuvres, Judit paraît au
contraire renfermée sur elle-même, son regard est absent (Judit with
pills) ou caché derrière des lunettes de soleil (Judit with
sunglasses), et le spectateur doit chercher de lui-même les questions
inhérentes. Dans l’oeuvre The Courtyard of the psychiatric clinic from
Judit's window, la jeune fille disparaît complètement pour laisser
place à la vue qu’elle a elle-même de sa chambre de l’hôpital. Le
spectateur est directement plongé dans l’univers de Judit, et n’est
plus ”spectateur” à proprement dit : il prend la place de la jeune
fille et comprend alors l’étendu de son mal-être.

László Fehér, Judith with her hands keeping forward, 2007, huile sur toile, 250 x 180 cm.
Les peintures de László Fehér présentent une condition, qui peut être
comprise du point de vue d’un individu, d’une famille, d’une nation ou
du monde. La maladie est personnelle mais peut être vécue par chacun,
car la souffrance humaine emporte l’individu et peut arriver à
n’importe qui. L’individu est sans défense et peut seulement définir sa
place et la qualité de sa condition par rapport à la vérité ; cette
vérité que tente de démontrer l’artiste dans ce projet.
Copyright Galerie Orel Art, Paris, France. Tous droits réservés 2008
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László Fehér, Judith with pills, 2007, huile sur toile, 220 x 160 cm.
Je voudrais faire un commentaire sur cette série et en particulier sur cette dernière image ; la problématique sous jacente à cette oeuvre est la capacité d'un père à pouvoir représenter la souffrance de sa propre fille, le spectateur se demande comment il est possible de le faire avec autant de simplicité et, j'allais dire, de sang froid. Evidemment, il y a l'idée de pouvoir s'exprimer, libérer et exorciser la souffrance qu'entraîne cette évènement familial à travers le travail de la peinture, mais je m'intérroge quand même sur cette dernière représentation où Judit tient des comprimés dans sa main et fait mine de vouloir se suidider : concrètement, comment cette peinture a été possible ? Vu le réalisme du rendu pictural, je ne pense pas qu'il ait simplement imaginer la scène, je suis presque certain qu'il l'a peint d'après modèle. Il y a donc fort à parier que le père ait demandé à sa fille de poser avec les cachets en main (soit directement pour la peinture, soit pour une photo préalable qu'il a ensuite reproduit en peinture - comme le suggère Antoine dans les commentaires)... Que penser d'une telle situation ? C'est limite limite, le moins qu'on puisse dire c'est que c'est très glauque. László Fehér simule le drame en demandant à la personne qui en souffre le plus, sa fille, de la mettre en scène... Je ne dis pas que cette demande de l'artiste empire l'état psychologique de sa fille, qui, à mon avis, n'est pas troublé le moins du monde par cette demande, mais quand même... C'est une affaire psychologiquement extrême, peut être qu'il s'agit d'une pratique saine et que le père tente de percevoir les troubles qui affectent son enfant à travers la peinture, pour tenter de mieux les combattre après, mais quelque chose me pousse à me dire qu'il ferait mieux de lui parler, plutôt que de la peindre. Mais peut être que j'ai tort. D'ailleurs il serait intéressant de savoir si ces séances ont eu des effets sur la jeune adolescente, car la prendre comme modèle c'est aussi lui donner de l'attention, casser son ennui et communiquer avec elle (finalement), donc cela a peut être pu suscité des résultats positifs... On ne peut pas savoir mais on se pose la question. En tout cas, ces diverses scènes sont très troublantes pour le spectateur.
Quelques liens :


