15 décembre 2007
GENRES : NORMES ET TRANSGRESSIONS / SEANCE N°5 / SEXUAL REVOLUTION
GENRES : NORMES ET TRANSGRESSIONS
CYCLE DE FILMS ET SEMINAIRE / SAISON 2007/2008
La Maison Populaire de Montreuil et le Cinéma Le Méliès invitent cette année le peuple qui manque qui proposera et présentera d’octobre 2007 à mai 2008 un panorama de films rares, documentaires, vidéos d'artistes, cinéma d’avant-garde, retraçant une brève histoire du cinéma des corps et des identités, depuis les années 70, des mouvements de libération des femmes et d’affirmation des minorités sexuelles jusqu’au cinéma queer contemporain.
Mercredi 19 décembre 2007 à 20h
Johanna Demetrakas / Lionel Soukaz / Jack Smith
Séance en présence de Lionel Soukaz et Elvan Zabunyan (historienne d’art, spécialiste de l’art américain et des théories féministes et postcoloniales aux États-Unis, auteure de Black is a color).
Womanhouse de Johanna Demetrakas
(47 min, 1974, Etats-Unis)
Linen
Closet« En 1972, fût créée une exposition dont on a beaucoup parlé : «
Womanhouse ». Sous la direction de Faith Wilding, Miriam Shapiro, Judy
Chicago qui devinrent des figures majeures de l’art féministe dans les
années 70 et 80 (…), vingt-quatre femmes aménagèrent une maison à Los
Angeles. L’espace domestique devenant espace d’exposition, la
distinction entre public et privé disparaissait et les conventions
régissant la représentation volaient en éclats ; la salle de bain et la
maison de poupée devenaient des espaces d’exposition « appropriés » à
l’art féministe. « Wo! manhouse » encensait ce qui était considéré
comme trivial : les produits de beauté, les tampons hygiéniques, le
linge de maison, les bonnets de douche et les sous-vêtements devenaient
des matériaux hautement artistiques. Tous les médias s’y intéressèrent,
en réalisant souvent des reportages à sensation ; l’exposition
apportait la preuve que l’art féministe avait un public nombreux et
passionné » Peggy Phelan, Art et Féminisme, éd. Phaidon.
Womanhouse
est un documentaire historique prodigieux sur l’un des événements
culturels féministes les plus importants des années 70 aux Etats-Unis.
Il ne se limite pas à être le témoin de plusieurs performances fameuses
telles Waiting (Attente) de Faith Wilding ou Cock and cunt play (La pièce de la bite et de la chatte) de Judy Chicago, ainsi que des différentes pièces de l’exposition-maison Nurturant Kitchen (Cuisine nourricière), Menstruation Bathroom (La salle de bains des règles), Nightmare Bathroom (La salle de bains des cauchemars) ou encore de l’installation Linen Closet (Placard à linge), mais retrace également les ateliers de!
prises de conscience collectives, les interactions avec le public, et toute l’énergie de cette époque.
La marche gay de Lionel Soukaz
(13 min, 1980) / en sa présence
La
marche gay, c'est un sol qu'on foule : le sol de Washington. La Maison
Blanche et le Sénat sont sûrement vides quand des milliers de gays et
lesbiennes défilent pendant la Gay Pride de 1979 devant leurs grilles
avec Guy Hocquenghem, Kate Millet et Allen Ginsberg, à la fois acteurs
et spectateurs de leur propre révolte. De leur propre espoir : que
finisse enfin la répression.
« Lionel Soukaz est un auteur rare. Il
filme sans tabou, sans concession. Enfant de mai 68, il est celui de la
libération sexuelle, du plaisir de vivre avec excès ses désirs, la
drogue, le sexe. Témoin sensible de son temps, celui qui filme ses
amis, Guy Hocquenghem, Copi et les autres moins célèbres, filme aussi
la tragédie du sida, des réunions d’Act Up aux murs blancs de
l’hôpital. Pour parler de son style, son ton, son ami, le philosophe
René Schérer, évoque « une vitalité désespérée », Nicole Brenez,
combattante du cinéma expérimental, qualifie son cinéma « d’éros
politique ». » Aude Lavigne, France culture, 2002
Flaming Creatures de Jack Smith
(45min, 1963, Etats-Unis)
Jack
Smith est une des figures marquantes du cinéma underground américain.
Sa notoriété et son importance dépasse le cercle du cinéma
expérimental, dans la mesure où il a influencé de manière prépondérante
par ses performances, le théâtre américain de la fin des années 60. Flaming Creatures
déclencha dès ses premières projections l’ire de la censure aux Etats
Unis et il fût longtemps interdit (Jonas Mekas et Ken Jacobs furent
arrêtés en 1964 pour avoir voulu le présenter publiquement).
Flaming Creatures
est tourné sur du 16 mm périmé. Un film rare et réputé pour son aspect
novateur et choquant. Un film sexuel et sexuellement déviant où se
mêlent orientalisme, vampirisme, tremblement de terre et travestis dans
une quasi unique séquence d’orgie dionysiaque. Censuré pour son
caractère pornographique le film tire pourtant plus du côté de la
tragédie grecque. Ginsberg en saluait la libre expression artistique et
sa propension à la dissidence. (Cinémathèque de Toulouse).
Voir également l’article de Yann Beauvais
Programmation: Kantuta Quiros & Aliocha Imhoff
Informations pratiques:
Cinéma Le Méliès, Centre commercial, Montreuil 93100
M° Croix-de-Chavaux (sortie centre commercial).
Tarifs du cinéma, Plan du quartier


