Corps sans organes

Présentation d'artistes, d'auteurs, de performers, de musiciens... Histoire, théories et actualités artistiques, philosophiques, politiques, littéraires... du corps customisé, graphique, marginal, artistique, rebelle, théorique, subversif, sonore...

04 décembre 2007

Laurent Courau annonce un numéro de La Spirale en Janvier 2008 !

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Pour fêter le 100ème message du blog "Corps sans organes" Qu'est ce que le corps sans organes?

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Le corps sans organes a été une formule poétique, avant d’être le concept philosophique qu’il est aujourd’hui. Antonin Artaud l’utilise le premier en 1947 pour clôturer son œuvre radiophonique Pour en finir avec le jugement de dieu. Mais c’est bien Gilles Deleuze et Félix Guattari qui réemployèrent cette formule, dans L’Anti-oedipe et Mille plateaux, pour en faire un concept philosophique : le CsO (corps sans organes). Bien qu’il ait beaucoup d’estime et de passion pour l’inventeur de cette création/créature linguistique, Deleuze dira que le grand penseur du corps sans organes est Benedictus de Spinoza, le premier philosophe qui admet ignorer « ce que peut un corps » (L’Ethique, III, 2 sc.). L’observation et le raisonnement de Spinoza sont peut-être à l’origine de la découverte du plan de consistance (Deleuze & Guattari) qui définit en effet le corps sans organes.

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Egon Schiele, L'étreinte, 1917

1) Le CsO, une autoérotique du corps : l’expérience du corps sans organes comme écoute des pulsions et des sensations dont le corps est rempli

Le corps sans organes n’est pas vide, c’est un corps plein de flux d’intensités, de sensations et de désirs qui travaillent et rongent l’organisme, c'est-à-dire qui altèrent les automatismes corporels. Il y a les « organes hypocondriaques » qui peuvent remplir un corps, les organes de sensations, organes gelés par « l’ultime degré 0 » de la peur, ce frisson qui permet le rapport du soi au cosmos immense et froid. Autant dire que dans les conceptions deleuzo-guattariennes, ce serait plutôt le corps organisé qui est vide (vidé de ses sensations), il n’y a qu’en le dés-organisant que l’homme pourra à nouveau le remplir. Le CsO est un auto-érotisme, car il permet à l’individu d’être, par ses désirs et ses sensations, à l’écoute de ses organes. Il n’admet pas la célèbre rhétorique du chirurgien René Leriche « La santé, c’est la vie dans le silence des organes », car le corps peut émettre des intensités sans être malade.

A moins qu’il soit tout à fait normal de vivre, que la vie ait été chose prévisible, et que l’on prenne cette magie de l’existence comme une banalité sans nom, l’humain ne peut pas être insensible à cette machinerie complexe que sont l’organisme et le cerveau. Malheureusement, bien souvent, seul l’enfant en bas âge (non scolarisé) est capable de ressentir le grand mystère effrayant de la vie l’envahir. « Qu’est ce que vivre ? Qu’est ce que respirer ? Qu’est ce que moi ? Qu’est ce que la machine à respirer sur mon corps sans organes ? » (Deleuze & Guattari, L’anti-oedipe, p.57) Toutes ces questions se bousculent en lui, il ne parvient pas à les communiquer verbalement, alors il les exprime magnifiquement par ces pleurs, ces cris et ces expérimentations joyeuses.


 
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Francis Bacon, 3 études pour une crucifixion (troisième planche), 1962

2) Le CsO, la conscience d’être un corps organique comme essence des « devenirs »

Le corps sans organes est donc une prise de conscience effrayante et « déterritorialisante » (Deleuze & Guattari) du « soi organique » ou du « soi corporel » (Dorothée Legrand). De ce fait, il implique un devenir enfant, voir même un devenir bébé (car la télé « organise » l’enfant de plus en plus tôt). Cependant le corps sans organes de l'enfant n'est pas seulement l'angoisse perpétuelle d'avoir un corps, c'est aussi une joyeuse fête corporelle, super drôle et super dionysiaque. En effet, le bébé expérimente avec beaucoup de gaieté son corps à travers ses petites expériences du quotidien, et il est d’une immoralité sans commune mesure : il est sadique, il pince ou mord ses parents, il torture des insectes, puis s’amuse avec ces excréments, montre son sexe aux étrangers, joue et crie sans se soucier de son entourage, touche le feu et le couteau, etc. La vie le fascine, ses désirs le débordent c’est pourquoi il tentent toutes les connexions possibles entre lui et son environnement. C’est le corps sans organes par excellence. Le CsO chez l’adulte passe par ce « retour » (Friedrich Nietzsche) à la « peur de vivre » et par cette « spontanéité de l’agir » infantile, il est une « involution » et un « devenir enfant » (Deleuze & Guattari, Mille Plateaux, p.313). Une petite précision tout de même, « devenir enfant » ne signifie pas « imiter l’enfant », il s’agit plutôt de percevoir les ondes intensives et sensitives à l’intérieur de son corps à la manière de l’enfant qui a peur et invente des jeux et des expériences, tout à fait personnelles, pour pouvoir continuer à vivre.

Malheureusement, dans une majeure partie des cas, c’est la maladie (ou la proximité à la maladie) qui contraint l’individu à passer par des états de CsO. Bien souvent, les personnes souffrantes, ainsi que leurs proches, ont recourt à une spontanéité infantile, à une libération du désir, pour se « reterritorialiser », c'est-à-dire trouver un moyen ludique et/ou original de lutter contre la peur envahissante du corps instable. Mais il peut arriver aussi que des sujets soient troublés par certaines révélations, certaines visions. C’est le cas du petit Hans (analysé par Freud au départ, cette analyse sera ensuite revue par Deleuze & Guattari) qui passe par un « devenir cheval » pour exprimer sa peur face au spectacle morbide d’un cheval qui se fait battre à mort par son cochet en plein milieu de la rue. L’enfant pleure et souffre avec l’animal, il est « responsable devant les animaux qui meurent » (Deleuze, Abécédaire de Gilles Deleuze (DVD)) car, face au témoignage de cet acte de barbarie (anodin pour les adultes, mais pas pour les enfants), il comprend que la violence habite la vie et se doute parfaitement qu’on bat la bête comme on bat l’homme, c’est pourquoi à travers le cheval c’est lui qui se sent frappé, il devient littéralement cheval. Francis Bacon, célèbre peintre, fait une autre expérience du « devenir animal ». Un jour, l'artiste fût stupéfait lorsqu’il vit la viande dans l’étalage d’une boucherie : ces morceaux de chairs qu’on vient d’arracher à la bête marque une zone d’indiscernabilité entre le corps humain et le corps animal. Bacon (même le nom de l’artiste vous renvoie à la viande) s’est mis à imaginer la peur et la douleur de la bête à l’abattoir et a eu la sensation, pendant un instant, que c’est son corps qui était éclaté et exposé là. A ce stade de l’exposé, j’espère que le lecteur commence à comprendre que le plan de consistance du CsO est d'abord ce trop plein de sensations et de pulsions diverses qui traversent le corps, fluctue en son sein. Cette accumulation d'énergie affective le conduit ensuite à des « devenir » qui sont des métamorphoses invisibles.
 

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Matthew Barney, Cremaster3, The Order

3) Le CsO est un transcorps, hybrides et cyborg : vers un « devenir imperceptible » révolutionnaire

En ce sens, le CsO est effectivement ce que Deleuze & Guattari appelle un « devenir intense » (Mille Plateaux). Etrangement, les deux philosophes remarquent que les intensités s’intéressent toujours aux minorités (créent des « devenir minoritaire ») et s’oppose à la représentation d’une majorité absolue et organisante. Le corps devient « femme », comme celui du président Schreber qui sent une poitrine sur son torse (L’anti-oedipe, p.26), il devient « enfant », « animal », « végétal », « minéral », etc. En ce sens le CsO est profondément politique, il pousse l’individu à des métamorphoses invisibles, des changements « moléculaires » (Guattari), et convertit les désirs en actes de création (artistique, sexuelle, existentielle…) qui s’incrustent dans le réel et bousculent le monde organisé et moralisé des « micro-fascismes » (Deleuze & Guattari) du « biopouvoir » (Michel Foucault).

La pensée queer nous enseigne qu’il ne faut pas isoler les « devenirs », sinon, comme nous l’ont fait remarqué Beatriz Preciado (Manifeste contrasexuel) et Marie-Hélène Bourcier (Queer zones), le « devenir » pourrait recréer du genre (« devenir femme »), engendrer du stéréotype, réintroduire de l’organisation et finalement recristalliser le corps. Pour être transcorps (Bernard Andrieu), il faut affirmer haut et fort, comme Monique Wittig, qu’« on ne naît pas femme » – point (sous-entendant « et on ne le devient pas ») – mais que nous voulons « devenir hybride » (Bernard Andrieu) ou « devenir cyborg » (Donna Haraway), c'est-à-dire un corps combinant à la fois les propriétés de l’homme, de la femme, de l’humain, de l’animal, de la machine, etc. Bref un corps dont les limites vont « devenir imperceptible », un corps qui réactualisera le propos anti-humaniste de Spinoza : personne ne sait ce que peut un corps. Il sera donc devenu absurde de définir et hiérarchiser des corps qui n’ont plus de frontières, qui s’incarnent dans tous les « devenirs » (im)possibles et inimaginables, qui sont de ce fait partout et nulle part à la fois et « deviennent imperceptible » sur la carte de l’organisme.  

Précisons encore que ces transcorps ne représentent pas un nouvel universalisme de l’être, ils sont d’innombrables prototypes révolutionnaires, tous différents et toujours en cours de construction, ils jouissent d’une totale liberté d’individualisation et de fictionnalisation de soi. Ainsi un nouvel espoir voit le jour, la liberté réside peut être dans une création de soi qui est possible et introduite par l’expérience du corps sans organes.


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Annie Sprinkle (www.anniesprinkle.org)

4) Le CsO, trans-sexualité et corps sans sexes

Le queer est né de l’idée que les pratiques sexuelles créaient elles aussi du genre, donc une organisation du corps à travers l’étreinte érotique. Nous avons dit que la révolution existentielle verra le jour par la mise en place de « nouvelles possibilités d’être » (Friedrich Nietzsche), mais il faut aussi penser la création de nouvelles formes de sexualités tout aussi « hybridées », « animalisées » et « robotisées » que le corps : « 36000 formes d’amours à la Fourier » et « n-sexes (ni un ni deux sexes)» (Deleuze, préface de L’après-mai des faunes de Guy Hocquenghem) que Félix Guattari nomme très judicieusement « trans-sexualité » (Félix Guattari, La Révolution moléculaire, p.331), c'est-à-dire une sexualité qui se pratique différemment, une sexualité sans organes, parfois même sans sexe, qui empêchent la cristallisation des rôles et des positions sexuelles au sein du couple (par exemple : actif = homme, passif = femme). Artaud lui-même avait décrit un nouvel érotisme où une « liqueur » corporelle s’écoulerait, non plus du sexe et de l’anus, mais du « haut des cuisses, des hanches, des lombes, du ventre total et sans sexe et du nombril » (Le Théâtre de la Cruauté, 1947, in Pour en finir avec le jugement de dieu, p.70). Ce post-érotisme permettrait d’engendrer de nouveaux corps sans organes qui ne répondent plus à l’appel d’une sexualité normée produisant du genre et une cartographie universelle du plaisir charnel. La pratique du sexe n’a pas à être borné, il faut explosé les frontières des compositions conjugales classiques, car la liberté ne se construit qu’à travers l’inventivité. La « sexualité est une création » disait Michel Foucault (Dits et écrits, T2), Deleuze & Guattari faisaient eux aussi cette observation lorsqu’il analysait les sexualités hors normes qui admettaient et libéraient le désir. Le sadomasochisme par exemple n’est jamais répétitif, les rituels de l’étreinte sont multiples et, contrairement à la sexualité génitale traditionnelle, c’est avec tout le corps que les partenaires se mettent à jouir. De plus, cette pratique post-érotique crée du « trouble dans le genre » (Judith Butler), ce qui permet à l’individu de demeurer dans un « devenir imperceptible » révolutionnaire.

 

Luc SCHICHARIN

Pour citer cet article, contactez l'auteur (voir colonne de gauche) et référencez : SCHICHARIN L., Qu'est ce que le corps sans organes?, extrait du blog Corps sans organes, texte numérique disponible à l'adresse : http://cyberkor100org.canalblog.com.


Bibliographie essentielle (en langue française)

 

- ANDRIEU B., Révolution et Hybridité : le transcorps, à paraître dans la revue Le Portique, n°20, 2008.
http://www.staps.uhpnancy.fr/bernard/articlesenligne.htm.

- ARTAUD A., Pour en finir avec le jugement de dieu (suivi de Le Théâtre de la Cruauté), Collections Poésie, Editions Gallimard, 2003, première édition 1974.

- ARTAUD A., Œuvres, Collection Quarto, Editions Gallimard, 2004.

- BOURCIER M. H., Queer zones : Politique des identités sexuelles et des savoirs, éditions Amsterdam, Paris, 2006, première édition 2001.

- BUTLER J., Trouble dans le genre : Pour un féminisme de la subversion, Collection La Découverte, Editions La Découverte, Paris, 2005, texte original publié en 1990.

- DELEUZE G. et GUATTARI F., Capitalisme et schizophrénie, V1, L’Anti-Œdipe, Collection Critique, Editions Minuit, 1972/1973.

- DELEUZE G. et GUATTARI F., Capitalisme et schizophrénie, V2, Mille plateaux, les éditions de Minuit, Paris, 1980.

- DELEUZE G., Francis Bacon : Logique de la sensation, Collection L’ordre philosophique, Edition Seuil, Paris, 2002.

- DELEUZE G., Pourparlers 1972-1990, collection Reprise, éditions de Minuit, 2003.

- FOUCAULT M., Histoire de la sexualité, T1 : La volonté de savoir, Collection Tel, Edition Gallimard, 1976.

- FOUCAULT M., Histoire de la sexualité, T2 : L’usage des plaisirs, collection Tel, éditions Gallimard, 1984.

- FOUCAULT M., Histoire de la sexualité, T3 : Le souci de soi, collection Tel, éditions Gallimard, 1984.

- FOUCAULT M., Dits et écrits, T2 : 1976-1988, collection Quarto, éditions Gallimard, 2001.

- FOURRIER C., Des harmonies polygames en amour, collection Littérature française, éditions Stock, 1999.

- GUATTARI F., Les trois écologies, collection L’espace critique, éditions Galilée, 1989.

-GUATTARI F., La révolution moléculaire, collection Encres, éditions Recherches, Fontenay-sous-Bois, 1977.

- HARRAWAY D., Le manifeste cyborg et autres essais : Sciences - Fictions – Féminismes, éditions Exils, Paris, 2007.

- HOCQUENGHEM G., L’après-mai des faunes, préface de DELEUZE G., collection Enjeux, éditions Grasset, 1974.

- LEGRAND D., Le soi corporel, in L’évolution psychiatrique, V70, n°4, Actualité de la phénoménologie psychiatrique, éditions Elsevier, Octobre-Décembre 2005.

- NIETZSCHE F., La volonté de puissance, T1 et T2, collection Tel, éditions Gallimard, 1995.

- SCHICHARIN L., Le corps sans organes en art, une expérience esthétique de la cruauté, sous la direction de Claire Lahuerta, Université Paul Verlaine, Metz, 2007.

- SPINOZA B., Ethique, traduction par APPUHN C., éditions GF Flammarion, 1965.

- PRECIADO B., Manifeste contrasexuel, collection Modernes, éditions Balland, 2000.

- WITTIG M., La pensée straight, éditions Amsterdam, Paris, 2007, première édition 2001

 

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Thomas Lebrun, une "cinématologie postporno" des images

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Thomas Lebrun est un artiste graphiste qui a choisi de se livrer à ses fantasmes et aux obscénités sexuelles les plus choquantes. Nourri des films scatophiles disponibles sur les sites de sexe gratuits et des images débiles que déversent en masses les médias, Thomas propose des images marrantes (à la limite du cynisme) qui rejouent et déjouent les stéréotypes et les formats habituels, offensent la bonne morale, ou alors… ne montrent absolument rien d’intéressant (mais c’est un parti pris). Influencés par l’univers psychédélique des années 70, la musique électro-rock, le rap et les punks, ces dessins décrivent le réel dans ce qu’il a de plus brut et de plus étrange. Les traits graphiques sont adroits dans leurs maladresses, les couleurs sont « flashy » et essentielles tandis que les formes se tortillent pour provoquer des entorses aux cerveaux du spectateur. Ces créations graphiques représentent des corps qui réduisent en purée tous les canons de beauté classiques : ils sont parfois trop gros, souvent trop maigres, ridés, puants, moches, crades... Les têtes de ses personnages psychopathes expriment l’abrutissement et l’absence de toutes réflexions intellectuelles. Leur chair est flasque et leurs orifices souvent dégoulinants, il y a quelque chose de très primitif dans l’attitude de ces individus qui se prennent en photo en train d’uriner, éjaculent dans Paris Match, mangent leur sang menstruel, collectent les sécrétions vaginales dans des bouteilles en plastiques, etc. Ces êtres se livrent à leurs désirs de manière spontanée et libérée, ils inventent une pornographie expérimentale très créatrice et très esthétique. C’est avec un humour bizarre et provocateur que Thomas crée ces mises en scène sexuelles peu conventionnelles, et elles ne sont pas sans rappeler l’esthétique ludique du sado-masochisme, lorsque les partenaires utilisent des masques représentant des visages simples, drôles et effrayant à la fois.

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Pour ceux qui parviennent à aller au-delà de cette pornographie affichée, beaucoup d’émotions et de poésie sont extirpables de ce quotidien parallèle. Les atmosphères sont intenses, certaines situations nous rappellent l’univers malsain de David Lynch, l’érotisme sulfureux évoque de temps à autre celle d’un Pedro Almodovar et certains portraits ont l’accent pop’art de la Factory d’Andy Warhol (icône pop, sexe et grandes marques). Les dessins de Thomas Lebrun sont donc profondément cinématographiques, ils posent des problèmes narratifs qui obligent le regardeur à s’inventer son histoire (l’immoralité assumée interroge le scénario des images), et poursuivre secrètement les fantasmes de l’auteur. Le monde de Thomas est un théâtre graphique participatif, un jeu dans lequel le spectateur est convié à devenir acteur.

J'ai fait un album photo où sont réunis les meilleurs dessins de Thomas Lebrun, allez le voir.


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