Corps sans organes

Présentation d'artistes, d'auteurs, de performers, de musiciens... Histoire, théories et actualités artistiques, philosophiques, politiques, littéraires... du corps customisé, graphique, marginal, artistique, rebelle, théorique, subversif, sonore...

28 novembre 2007

Rappel : RESIDENCE 0.6, "L'envers des corps articulés" Jusqu'au 30 novembre au théâtre du Saulcy

DSC00199

J'étais hier soir à l'exposition des étudiants M2 pro de la fac de Metz, organisée dans le cadre de "la semaine de la marionnette", et je dois dire qu'il y avait de très bonnes choses. Pour ma part j'ai eu un petit coup de coeur pour les vidéos et notamment la plus grande qui montrait le visage d'une des marionnettes en gros plan. Ce visage était toujours en activité, ces traits n'étaient jamais fixes, ils devenaient flous, puis la netteté finissait parfois par triompher, bref cette instabilité de l'image nous renvoyait à celle d'un corps âgé, toujours plus proche de sa finitude. Une sombre musique venait imbiber les lieux de sa présence sinistre, sa mélodie noire était très envoûtante, le spectateur était enivré par le parfum de cette brume sonore ténébreuse. Les photos accrochées jouaient sur une saturation de l'image, la lumière venait littéralement agresser le visage de ces personnages fictifs, comme pour les effacer, comme si, là encore, ces corps recevaient une convocation de l'au delà et que les dieux venaient anéantir les traits de l'identité faciale de l'homme par leurs lumières destructrices. Des phrases étaient écrites à la craie sur le sol, et le public, en visitant le lieu d'exposition, les effaçait petit à petit. Cette fragilité des mots renvoyait encore une fois à celle des corps, le motif de l'effacement et de la netteté revenaient à plusieurs reprises dans ce travail scénographique.

marionnette

La marionnette en elle même ne pose-t-elle pas déjà cette question de la vie et de la mort? Cet objet, s'il n'est pas manipulé, est parfaitement inanimé. Pourtant, quelle formidable impression de vie il y a, lorsque l'on observe attentivement le visage des automates de la compagne Trois SIx Trente. Le pantin est une création magique, comme Pinocchio il peut prendre vie à tout moment, cependant le spectateur sent bien (et les artistes du M2 pro l'ont parfaitement fait ressentir) que si les créatures de la RESIDENCE 0.6 venaient à se réveiller, cet éveil serait d'une durée extrêmement courte, en effet les marionnettes exhibent une vieillesse déjà très prononcée, la fatigue pèse sur leur faciès d'ores et déjà éteint. Cette reversibilité de la vie et de la mort appelle un questionnement métaphysique chez le contemplateur. La fragilité de l'existence, qui est mise en avant dans cette exposition, donne un aspect mélancolique et poétique à cet "espace des corps articulés".

DSC00200

La première et la troisième photo montrent l'espace de travail très lumineux de la compagnie Trois Six Trente qui contraste avec le lieu d'exposition très sombre. Les deux lieux, placés côte à côte, proposent à leur manière cette même réflexion sur la vie et la mort. D'un côté, il y a un chantier de travail chaleureux qui révèle "L'envers de la fabrication des corps articulés", une oeuvre en pleine maturation, en cours de création, qui symboliserait la vie créatrice : fragments d'oeuvre, copeaux de mousse sur le sol, vidéo de "work in process" se mêlent dans ce lieu. De l'autre côté, un espace noir (ou presque) et froid où le travail scénographique, méticuleusement finalisé, ne bougera sans doute plus et symbolise de ce fait la mort, "l'envers métaphysique des corps articulés" en quelque sorte. Pourtant le spectateur se rend bien compte que la mort ne signifie pas l'absence de vie, plein de petites choses mettent en lumière les mouvements de vie qui persistent après la mort : le visiteur efface des paragraphes rédigés à la craie sur le sol, cela implique une écriture en mouvement (en vie), il peut aussi manipulé le rétroprojecteur et choisir de modifier l'image affichée, la présence des vidéos implique elle-aussi la preuve d'une temporalité et d'une activité vivante au sein du dispositif scénographique. De même que la décomposition progressive d'un corps mort implique encore une force de vie, et de même que les matériaux utilisés pour concevoir des "corps articulés" ne cesseront de se modifier et d'évoluer au fil du temps, l'exposition finie n'est jamais totalement morte, figée ou inanimée, elle n'empêche absolument pas cette manifestation de la vie dans les oeuvres terminées. Cela nous montre une chose importante : la vie est aussi là où on l'attend le moins, c'est à dire dans la mort.

Je vais faire un album photo avec les photos de l'exposition que m'a envoyé Monsieur Peeters, je le mettrais en dessous du dossier "Nouvelles recherches en art".

Lien vers le blog de l'équipe qui a monté la RESIDENCE 0.6

Posté par cyberkor100org à 11:55 - Installation artistique, scénographie - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

27 novembre 2007

Rencontres Internationales Paris/Berlin/Madrid : Nouveau cinéma et art contemporain

rencontres_internationales

COMMUNIQUE (www.art-action.org) :

Du 22 novembre au 1er décembre 2007, les 14èmes Rencontres Internationales créeront à nouveau pendant 10 jours un espace de découverte et de réflexion entre nouveau cinéma et art contemporain, sur plusieurs lieux:

• au Centre Pompidou,
• au Jeu de Paume,
• au Palais de Tokyo,
• au Cinéma l'Entrepôt
• et sur d'autres lieux.
 
Plusieurs instituts culturels étrangers à Paris s'associent cette année aux Rencontres Internationales avec une programmation spécifique en rapport avec les thématiques et enjeux de la manifestation : le Centre Culturel Canadien, le Goethe Institut, l'Institut Cervantes, le Centre Culturel Suédois.
 
En présence de 150 artistes et de réalisateurs du monde entier, cette édition exceptionnelle proposera une programmation internationale inédite - film, vidéo, installation, net art, concerts. Avec de nombreux films présentés en première, une programmation vidéo, une exposition et à des concerts multimédias. Un espace de consultation permettra à chacun de voir ou revoir à la demande l'ensemble de la programmation.
 
La programmation de cette année, particulièrement riche et dense, a été réalisée parmi 6200 propositions reçues, ainsi que par des invitations faites à certains artistes et réalisateurs. Cette programmation est le résultat d'un travail de recherche d'œuvres approfondi à un niveau international: 200 œuvres d'Allemagne, de France, d'Espagne et de 60 pays, réunissant des artistes et réalisateurs reconnus sur la scène internationale aux côtés de jeunes artistes et de réalisateurs présentés pour la première fois à Paris.
 
>>> SEANCES EN SALLE (approches documentaires, nouvelles fictions, vidéo, expérimental), avec notamment :
> cartes blanches à Jean-Marie Straub (FR), à Pedro Costa (PT).
> Un documentaire inédit d'Harun Farocki (DE).
> Le dernier film de Christelle Lheureux (FR), un film de Manon de Boer présenté en première (NL), un documentaire d'Alfredo Jaar (Chili).
> Une fiction d'Adel Abidin (Irak/FI), le dernier film de Knut Asdam (NO), une vidéo inédite d'Herman Asselberghs (BE).
> Un film inédit de Gordon Matta-Clark (USA).
> La dernière œuvre vidéo de Dan Graham (USA).
> Un film de Sophie Calle (FR) réalisé en collaboration avec Fabio Balducci (IT).
> La dernière réalisation de Peter Downsbrough (USA) projetée en première.
> des focus sur plusieurs pays : la France, l'Allemagne, l'Espagne, et une sélection de films et vidéos rares provenant de Colombie, de Taiwan, du Canada.
 
Parmi les artistes programmés, citons également:
> Kader Attia (FR), Jon Mikel Euba (ES).
> Thomas Köner (DE), Olivo Barbieri (IT), Shaun Gladwell (AU).
> Volker Schreiner (DE), Mario Opazo (CO).
> Carles Congost (ES), Carlos Pazos (ES), Yves Netzhammer (CH).
> Emmanuelle Antille (CH), Hans op de Beeck (BE), Nicolas Provost (BE), Nicolas & Sheila Pye (CA).
> Steven Cohen (Afrique du Sud), Ane Lan (NO), Ken Jacobs (USA).
 
Chaque séance est construite autour d'un sujet ou d'une thématique transversale à différents genres et différentes pratiques audiovisuelles.
 
>>> DEBATS ET TABLES RONDES. Les Rencontres Internationales invitent des directeurs et des curators de musées nationaux, de centres d'art contemporain et de biennales de pays européens et extra-européens, dans les domaines du cinéma contemporain, de la vidéo et des nouveaux médias. Les débats proposés permettront de dégager les préoccupations et les pistes explorées dans chaque pays pour rendre compte de cette création et l'accompagner, tant d'un point de vue critique que du point du vue des publics et des artistes eux-mêmes.
>>> FORUM INTERCULTUREL. Plus qu'une simple présentation d'œuvres, les Rencontres Internationales proposent un véritable forum interculturel où les artistes présents témoigneront de la situation de leur pratique artistique dans leur pays, et pourront échanger avec le public.
 
Les Rencontres Internationales rendent compte des spécificités et des convergences des pratiques artistiques entre nouveau cinéma et art contemporain, explorent les formes artistiques émergentes et leurs propos critiques, et permettent ce temps nécessaire où les points de vue se croisent et s'échangent.
 
 Paris/Berlin/Madrid
Initialement entre Paris et Berlin, les Rencontres Internationales se sont ouvertes en 2007 à une troisième ville de présentation, Madrid. La manifestation est désormais une plate-forme unique en Europe où les artistes peuvent se rencontrer, échanger avec un large public, développer de nouveaux projets, nouer des contacts avec les professionnels.
 
Les Rencontres Internationales rendent compte des spécificités et des convergences des pratiques artistiques entre nouveau cinéma et art contemporain, explorent les formes artistiques émergentes et leurs propos critiques.
 
La manifestation souhaite ainsi contribuer à une réflexion sur notre culture contemporaine de l'image, au travers d'une programmation exigeante ouverte à tous.

 
* * * * * * * *
 
Au sujet de l'appel à proposition 2007
Les confirmations de réception des envois postaux sont envoyées fin septembre. Les réponses pour la programmation présentée à Paris seront envoyées fin octobre. Les réponses concernant les propositions postées après le 16 août seront envoyées en début d'année 2008.
 
L'appel à proposition 2007 a reçu cette année encore un large écho à un niveau européen et international. Plus de 6200 propositions d'une centaine de pays ont été reçues. Les Rencontres Internationales remercient vivement l'ensemble des personnes, artistes, réalisateurs, organisations publiques et privées, médias, institutions et réseaux ayant relayé l'appel à proposition.
 
Liste des pays par ordre décroissant du nombre de propositions reçues : France, Allemagne, Espagne, USA, Royaume-Uni, Canada, Pays-bas, Italie, Suisse, Brésil, Belgique, Autriche, Israel, Coree du Sud, Portugal, Argentine, Taiwan, Suède, Finlande, Pologne, Mexique, Australie, Japon, Colombie, Grèce, Irlande, Norvege, Turquie, Roumanie, Chili, Chine, Russie, Croatie, Indonésie, Inde, Hongrie, Iran, Nouvelle-Zélande, Serbia, Singapour, Tchèque (République), Estonie, Liban, Danemark, Slovénie, Afrique du sud, Pérou, Ukraine, Costa Rica, Georgie, Slovaquie, Chypre, Nigeria, Bulgarie, Venezuela, Egypte, Islande, Lettonie, Hong Kong, Thaïlande, Albanie, Maroc, Algérie, Lituanie, Luxembourg, Macédoine, Cameroun, Equateur, Kazakhstan, Philippines, Uruguay, Bosnie-Herzégovine, Arménie, Maurice (Île), Tunisie, Gabon, Malte, Salvador, Syrie, Congo (RDC), Dominicaine (Rép.), Palestine, Sénégal, Afghanistan, Andorre, Cuba, Emirats arabes unis, Haiti, Honduras, Iraq, Kenya, Malaisie, Montenegro, Pakistan.
 
Union Européenne 68,91 %
Pays limitrophes de l'UE   5,01 %
Amérique du Nord 10,16%
Amérique Latine   6,07%
Asie du Sud Est   4,07%
Moyen Orient   2,13%
Océanie   1,78%
Afrique subsaharienne et Magrheb   1,16%
Asie Centrale et Inde   0,71%

Infos pratiques :

: : : Rencontres Internationales Paris/Berlin/Madrid
: : : Nouveau cinéma et art contemporain
 
à Paris, du 22 nov. au 1er déc. 2007
 
PASS FESTIVAL
Pass festival : 30€
Le Pass festival donne accès aux séances au Jeu de Paume, à l'Entrepôt, au Centre Pompidou, hors séances spéciales.
 
PRIX DES PLACES A L'UNITE
Centre Pompidou : PT 5,50 € - TR: 3,50 €
Jeu de Paume : PT 6€ - TR 3€
Cinéma l'Entrepôt : TU 4€
Le Laboratoire : Entrée libre
Goethe Institut : Entrée libre
Institut Cervantes : Entrée libre
Centre culturel canadien : Entrée libre
Centre culturel suédois : Entrée libre
(PT: plein tarif - TR: tarif réduit - TU: tarif unitque)

Posté par cyberkor100org à 20:55 - Evènements - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Valérie Pécresse a pris plusieurs engagements devant l'Unef

Bruno Julliard (C) et Jean-Baptiste Prévost (L), président et vice-président de l'Unef, reçus par la ministre de l'Enseignement supérieur Valérie Pécresse, le 15 novembre à Paris
Patrick Kovarik AFP   ¦ Bruno Julliard (C) et Jean-Baptiste Prévost (L),
président et vice-président de l'Unef, reçus par la ministre de
l'Enseignement supérieur Valérie Pécresse, le 15 novembre à Paris
   

Alors que l'appel à la mobilisation de la coordination nationale étudiante était bien suivi ce mardi en France, le président de l'Unef, Bruno Julliard, est sorti satisfait de sa recontre avec Valérie Pécresse.
 
«Cadrage national des diplômes»
 
Il a fait état «de garanties nouvelles et de gardes fous aux craintes des étudiants mobilisés», jugeant «rassurantes» les concessions de la ministre de l'Enseignement supérieur au mouvement étudiant qui agite une quarantaine d'universités (sur 85) depuis plus de trois semaines et des dizaines de lycées depuis une semaine.
 
 Pour encadrer sa loi, Bruno Julliard a expliqué que Valérie Pécresse s'était engagée à la «mise en place d'un cadrage national des diplômes», un texte qui garantit «l'égalité des diplômes et des étudiants sur l'ensemble du territoire», par le biais d'un «groupe de travail» qui étudiera l'harmonisation des intitulés et des modalités d'évaluation des étudiants.
 
Toujours pour rassurer les étudiants sur sa loi, la ministre a promis, selon l'Unef, un «texte réglementaire» garantissant que «l'orientation active n'entraînera pas de sélection à l'entrée de l'université». Elle a en outre confirmé l'engagement pris lundi par François Fillon d'une «formalisation» écrite de l'augmentation de un milliard par an pendant cinq ans du budget consacré à l'université. Selon Bruno Julliard, la ministre a affirmé «sa volonté de faire passer la dépense par étudiant de 7.000 à 10.500 euros par étudiant, soit l'équivalent des classes prépas».
 
Un plan pluriannuel pour la «réussite en licence»
 
Sur les questions budgétaires encore, Bruno Julliard a fait part de l'engagement de Valérie Pécresse d'avancer au «1er janvier 2008», au lieu de la rentrée 2008, la création du 6e échelon de bourse, qui augmente le montant perçu par 100.000 étudiants dont les familles gagnent moins de 7.000 euros par an. Il s'est félicité que la ministre ait «tenu compte du fait qu'il fallait aller plus vite».
 
Enfin, sur la «réussite en licence», chantier entamé cet été, la ministre a, selon lui, «annoncé la mise en place d'un plan pluriannuel» dont «les premières mesures s'appliqueront dès le 1er janvier prochain».
 
Adhérents consultés mercredi et jeudi
 
Bruno Julliard a précisé que l'Unef consulterait en parallèle mercredi et jeudi ses «adhérents pour déterminer sa position sur la suite à donner à la mobilisation». «Vous connaîtrez ma position dans deux jours», a-t-il dit à la presse, ajoutant qu'il «appartiendra aux AG (assemblées générales) de décider in fine s'il faut poursuivre ou pas la mobilisation».          

Avec AFP

Information recueillie sur 20Minutes.fr, éditions du 27/11/2007 - 17h25                  

Posté par cyberkor100org à 20:32 - Culture et société - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

26 novembre 2007

Sauvons l'université

vote_loi_p_cresse

Ce vote clandestin a été organisé à Metz par le collectif'A, faîtes comme eux...
Créez des bureaux de vote !

Le texte qui suit est une présentation rédigé par les auteurs du site Sauvons l'université :

"Les présidents d’université ne parlent pas en notre nom
Pour une université collégiale

Depuis le début du mouvement étudiant contre la loi réformant les universités, dite « loi Pécresse », il est frappant de constater à quel point est massivement présente, dans les témoignages recueillis par les journalistes, la parole des présidents d’université. Etant admis qu’une communauté universitaire comprend pour l’essentiel trois composantes (étudiants, enseignants-chercheurs et personnels administratifs et techniques), tout se passe comme si, pour connaître l’avis des deux dernières catégories, le seul avis des présidents d’université suffisait. Certes, ceux-ci sont élus parmi leurs pairs enseignants, mais la légitimité de l’élection n’en fait pas pour autant sur tous les sujets et à tout moment les uniques représentants des centaines d’enseignants et de membres du personnel de chaque université. Et ce d’autant moins que la loi en question est un curieux hybride d’idéologie néo-libérale et d’aspirations dominantes au sein de la CPU (Conférence des présidents d’université), qui ne datent pas de l’élection de Nicolas Sarkozy – aspirations partagées par des présidents de bords politiques différents, la fonction tendant à transformer la personne. La CPU semble ainsi s’arroger un nouveau rôle en transformant une instance autrefois quasiment informelle en un véritable lobby aspirant à jouer le rôle de premier interlocuteur des ministères successifs. En montant en première ligne pour défendre la loi Pécresse, la CPU se présente comme principale garante des intérêts et de la liberté de la communauté universitaire alors qu’elle défend en réalité la seule autonomie des présidents d’établissements. En effet, si les risques que fait courir aux universités la nouvelle loi sont nombreux (paupérisation de certaines universités par l’introduction du budget global, désengagement financier de l’État, remise en cause des statuts de certains personnels par l’extension du domaine de la contractualisation, remise en question à terme du cadre des diplômes nationaux, développement d’une concurrence sauvage entre les universités et entre les disciplines, etc.), le principal d’entre eux - et le moins commenté - réside sans doute dans le renforcement des prérogatives présidentielles.

Pour comprendre les enjeux de cette affaire, il vaudrait mieux éviter de postuler un conflit caricatural opposant les modernes et dynamiques partisans de la réforme aux opposants archaïques, empêtrés dans l’immobilisme. Il convient en effet de rappeler que la nouvelle loi ne se justifie en rien par la nécessité de dépasser un régime d’assemblée anarchique, qui interdirait les décisions claires. Avant même son vote, les institutions des universités françaises étaient déjà affectées par un fort tropisme « présidentialiste ». Les seules limites à ce pouvoir tenaient à ce qu’il allait de soi qu’un certain nombre de domaines ne relevaient pas du champ d’action du président, notamment pour le recrutement des enseignants, et que la responsabilité de la politique scientifique de l’établissement était largement partagée avec le Conseil Scientifique.
Ces fragiles garde-fous disparaissent avec la nouvelle loi et le champ des prérogatives des présidents s’accroît considérablement (y compris pour les recrutements d’enseignants). L’hyperprésidence constituerait-elle un nouveau modèle pour toutes les hiérarchies sociales et pour toutes les formes de gouvernance ? Quoi qu’il en soit, la loi LRU rend possible – tout dépendra de la personne appelée à occuper ces fonctions – une forme de despotisme présidentiel dont on peut craindre qu’il ne soit pas toujours éclairé. Ce faisant, se développeront symétriquement, à des degrés inconnus jusqu’alors, une concentration de tous les pouvoirs entre les mains d’un nombre de personnes extrêmement limité et, partant, d’inévitables pratiques de clientélisme. La politique scientifique des établissements risque d’en être profondément affectée car nous aurons alors affaire à une nouvelle université où la possibilité d’un développement de tous les types de recherches sera soumise aux décisions des mêmes individus, pour le plus grand malheur de la pensée critique. La collégialité dans la vie et le gouvernement de l’université constitue, et a toujours constitué, le socle de l’institution universitaire : la préserver n’est pas une option mais la garantie d’un enseignement et d’une recherche libres, comme cela est le cas dans les meilleures universités du monde.

Les universitaires affirment que ce combat contre la loi votée en août dernier dans la précipitation est aussi le leur. Il est urgent que les organes de direction prennent clairement position contre elle. Il serait bon que les – rares, semble-t-il – présidents qui ne veulent pas de ce surcroît de prérogatives et en mesurent les dangers le disent clairement. Il faut enfin que les enseignants et les membres du personnel s’organisent pour faire entendre leur voix et pour dire que les déclarations des présidents d’université ne traduisent pas ce que beaucoup d’entre nous pensent de cette loi. Bref, il faut faire savoir que certains ne parlent pas en notre nom, et dire que l’indispensable réforme des universités requiert une implication de tous les acteurs de la communauté universitaire, non le pouvoir sans partage d’une seule instance.

Cet appel trouve son origine dans une tribune publiée par le journal Le Monde le 20 novembre 2007."

 

Signez l'appel

Posté par cyberkor100org à 14:13 - Culture et société - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Universités, le grand soir

Universités, le grand soir 1

Universités, le grand soir 2

Universités, le grand soir 3

Universités, le grand soir 4

Université en Danger 5
Vidéo envoyée par lautrecampagne

Universités, le grand soir Réfutations II (68’) Un film de L'Autre campagne et Sauvons la recherche Paris.

Réalisé par Thomas Lacoste.

Nous vous invitons à faire connaître, circuler et projeter le film "Universités, le grand soir". Il peut être publié sur des sites internet. Nous vous demandons cependant une seule mention obligatoire :

Pour soutenir cette initiative et les futurs opus de la série "Réfutations" vous pouvez acheter le DVD 12 € (frais de port inclus) paiement en ligne www.lautrecampagne.org ou par chèque à l’ordre de L’Autre association, 3, rue des Petites Ecuries, F-75010 Paris.

Toute demande d'information sur le film doit être adressée à :
gdebregeas@gmail.com
jerome.bourdieu@ens.fr
Sophie.Pochic@ens.fr
julie@avenuebprod.com

Dans ce film chercheurs, enseignants, syndicalistes viennent démonter les pièges d'une réforme rétrograde et rappeler quelles sont les conditions de production et de transmission d'un savoir universel accessible au plus grand nombre qui devraient guider une réforme réellement progressiste de l'Université. Avec par ordre d’apparition : Christian de Montlibert (sociologue), Anaïs de Courson (comédienne), Christophe Charle (historien), Jacqueline Heinen (sociologue, présidente du Conseil d'administration de la CP-CNU), Eric Herbert (physicien, post-doc), Sophie Pochic (sociologue), Daniel Steinmetz (chimiste, SNTRS-CGT), Bernard Convert (sociologue), Hélène Combes (politiste), René Bagorski (conseiller confédéral CGT) et Frédéric Neyrat (sociologue).

Posté par cyberkor100org à 13:58 - Culture et société - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

25 novembre 2007

Nuit Dèmonia (4ème édition)

nuit_demonia
www.nuitdemonia.com

Posté par cyberkor100org à 16:35 - Evènements - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

ADKS (Alexis Denuy et Katialine Schroder), Le Nu

ADKS 


GALERIE PARISIENNE,
46 rue Godefroy Cavaignac,
75011 Paris (tel: 01.49.45.02.41)

Le nu. Peintures du Projet ADKS (Alexis Denuy et Katialine Schroder).
Vernissage le 23 novembre 2007 de 18h à 21h.
Exposition du 20 au 30 novembre 2007.
Entrée libre.


Présentation du projet ADKS par la Galerie Parisienne:

"Les récits d'activités sexuelles, érotiques ou pornographiques, ont toujours existé, dans toutes les sociétés, à toutes les époques. Aujourd'hui, ils ont le même rôle essentiel de nourrir l'imaginaire ainsi que de permettre l'évasion hors du réel si limité...

Les représentations sexuelles ont toujours existé, dans toutes les sociétés, à toutes les époques. Aujourd'hui encore, elles nourrissent l'imaginaire sexuel. Quelles sont les distinctions entre érotisme et pornographie?

L'érotisme est tout ce que les humains ont inventé pour transformer le coït reproducteur saisonnier des animaux en une activité infiniment plus riche et plus variée, de même que la gastronomie a remplacé la nourriture très limitée des singes par une multitude de plats aux préparations extrêmement diverses, ou que la parole et le chant humains ont une richesse sans commune mesure avec les quelques cris des chimpanzés. L'animal en resterait à l'instinct, l'Homme vivrait l'érotisme.

La pornographie serait la mise en scène ou le récit de relations sexuelles. Un texte, un film, une image, une représentation seraient érotiques s'ils jouent sur le symbolisme des situations, et visent en premier l'excitation sexuelle; ils seraient pornographiques quand ils visent la jouissance sexuelle, par une exposition au premier degré de la sexualité. L'absence de symbolisation, la sexualité pour le sexe, que l'on trouve dans la pornographie, en font un objet de répulsion pour beaucoup, chez qui la pudeur est inséparable de la sexualité. Mais comme la pudeur est passablement variable, elle ne peut pas être un critère entre le pornographique qui la blesserait, et l'érotique qui la respecterait.

Le récit pornographique arrive à point comme un conte pour adulte, et procure une évasion dans un monde idéal, très rassurant, permettant à chacun de fantasmer détaché du réel: l'homme y est désiré dès qu'il se présente, les femmes ne pensent qu'à se déshabiller devant lui et à le déshabiller, elles se précipitent sur son sexe toujours dressé sans défaillance, elles le prennent en elles un temps infini, en jouissent à perdre conscience, et cela se voit et s'entend: l'abandonnée sans vergogne à la jouissance.

Nous manquons de pornographes de talent pour nous inventer des histoires de sexualité encore plus riches et variées et nous détacher davantage de l'animalité.

La description et la communication publiques d'actes sexuels explicites peuvent être considérées soit comme érotiques, c'est-à-dire qui stimulent l'amour sexuel, soit comme obscènes, c'est-à-dire sales, dégradantes et honteuses, selon le point de vue duquel on se place. Ces qualificatifs peuvent s'appliquer à toutes les représentations d'actes sexuels ou ne concerner que quelques catégories d'entre eux. Il y a en effet un certain paradoxe à considérer comme "dégradants" et "honteux" des actes commis par la majorité de la population, en privé. C'est donc la communication, le passage de ces actes du privé au public ainsi que leur mise en scène, qui les rend "pornographiques". La représentation d'actes sexuels illicites ne fait que rendre ceux-ci encore plus pornographiques.

Les sociétés modernes réussiraient-elles enfin à s'intéresser ouvertement à leur sexualité?

La galerie, ce lieu de conservation, voire de vénération, est-il un lieu adapté pour parler de sexe? Comment évoquer l'acte sexuel sans le banaliser, montrer des corps sans exhibitionnisme, informer sans n'être plus qu'un donneur de leçons?

Musées du sexe, musées de l'érotisme, musées virtuels, à la Galerie Parisienne deux artistes: Alexis Denuy et Katialine Schroder réunis en un duo qui s’appelle ADKS ont tenté ensemble de s’interroger sur le sujet pour l’exposition intitulée Le nu."


Information recueillie sur ARTONIGHT.com
Lien vers le blog du projet ADKS

Posté par cyberkor100org à 12:05 - Evènements - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

24 novembre 2007

Anne Noble, Ruby’s Room (1998-2007)

image_Rudy_copie

Musée du quai Branly
55, quai Branly. 75007 Paris
T. 01 56 61 70 00
Mail: contact@quaibranly.fr
Site: www.quaibranly.fr
www.photoquai.fr   

Plein tarif: 8,50 euros
Tarif réduit: 6 euros
Gratuit le 1er dimanche du mois

30 octobre 2007 – 13 janvier 2008

Commissaire : Yves Le Fur, Directeur adjoint du Patrimoine et des Collections au musée du quai Branly.

Communiqué de presse :

"Cette série d’images de très grands formats témoigne du regard original que l’artiste porte sur l’enfance, à travers une exploration de « ce que les enfants font avec leur bouche ». Figure reconnue de la photographie néo-zélandaise, Anne Noble parle de son travail comme d’une « archéologie alternative ». Consacrée à la fille de l’artiste, Ruby, cette série d’une quarantaine de photographies n’a été dévoilée au public qu’en Nouvelle-Zélande, en Australie, en Allemagne et en Espagne. Grâce à une échelle volontairement disproportionnée par rapport à l’apparente banalité du sujet, à l’utilisation de couleurs très contrastées et à celle du flash direct, l’artiste s’attache à souligner de manière inhabituelle des détails d’une  partie du corps, la bouche, dans ses multiples fonctions symboliques : alimentation, expression, langage, etc."

Ce que j'aime dans ces photos (cliquez sur les images pour les agrandir) c'est qu'on voit à quel point le corps peut vite se révèler étrange, et montrer son vrai visage, dès lors qu'on le photographie en pleine action. Les contours et les limites rationnelles de la chair s'effacent lorsque celui-ci entre en contact avec un objet qu'il met à l'intérieur de sa bouche (chewing gum comme Rudy's Room N°10), sur sa peau ou sur son visage (mousse de bain Rudy's Room N°9). Les clichés de Anne Noble sont d'une banalité extraordinaire, pourtant ces images troublent la perception du spectateur, l'artiste a su saisir l'instant où le corps devenait problématique pour le regard.

Posté par cyberkor100org à 11:29 - Evènements - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

23 novembre 2007

AES + F : Quand les visages ont tué l'âme...

AES___F

AES + F est un collectif de quatre artistes russes, nés à Moscou : Tatiana Arzamasova, Lev Evzovich, Evgeny Svyatsky & Vladimir Fridkes. Chacune de leur œuvre crée des interférences cognitives et le spectateur est trompé dans son jugement. Nous nous attacherons surtout aux œuvres qui emploient le corps comme Suspectes (1997), Action Half Life (2003-2005) et Last Riot (2005-2007)..

Suspectes est une installation présentant les portraits de 14 filles de moins de 18 ans. Comme le titre le suggère, 7 personnes, parmi les 14, ont commis des meurtres d’une effroyable violence, les 7 autres sont innocentes. Comme dans un commissariat de police, sans inspecteurs, ni représentants de la loi, les spectateurs doivent pouvoir identifier les criminels, bien qu’il n’ait été témoin d’aucun des meurtres. Cela les oblige donc à se fier à leur instinct personnel, c'est-à-dire au jugement sur faciès, malheureusement le meurtre est imperceptible sur ces corps d’enfant. Nos représentations et notre imaginaire, mis en forme par notre éducation néo-chrétienne, nous ont tellement appris à mettre en relation les notions « d’enfance » et « d’innocence » qu’il est devenu impossible pour nous d’identifier le crime sur le visage d’un enfant, qui en plus est une fille. Cela devrait se passer de la même manière pour les adultes, pourtant ce n’est pas le cas. Cette installation révèle donc un profond malaise quand à notre manière de percevoir le monde et de juger les corps. Pour nous, un enfant est incapable de la moindre méchanceté, il est impossible pour ces « esprits innocents » d’accomplir des actes de barbarie, pourtant ces photographies sont là pour nous prouver le contraire. Ce dispositif montre bien qu'il est impossible d’avoir un regard neutre, et que nos appréciations sont parfaitement conditionnées par toutes les informations qui se sont accumulés dans nos cerveaux, du fait de notre éducation. Cela entraîne de fait une erreur certaine dès qu'il est question pour nous de juger.

AES___F2

Action Half Life met en scène des enfants dans une guerre sans merci, leurs bases se situent dans un univers virtuel, aux frontières du réel. Ces corps fragiles, lissés, reconstitués à partir des stéréotypes de la publicité, portent vaillamment leur lance-roquettes et attendent sagement que l’ennemi se pointe. Cette scène paraît irréelle, pourtant elle n’est que pure vérité, des milliers d’enfants s’affrontent ainsi, dans des champs de bataille, à travers leur ordinateur. Half Life est un jeu vidéo qui existe réellement, il a rencontré un franc succès il y a quelques années (est ce que cela continue ?), des milliers d’adolescents créaient des équipes à travers le réseau, sur Internet, et passaient des heures à s'entretuer sans raison. S’il est parfaitement incohérent et inconcevable de voir le déclin de la jeunesse dans ce phénomène de société (pas plus terrible que les autres, juste une « guerre des boutons » du 21ème siècle), cela nous amène tout de même à nous poser des questions quand aux désirs de destruction qui habitent aussi bien les enfants et les femmes que les militaires qui passent parfois à l’acte.

AES___F3

Last Riot est en quelque sorte l’aboutissement du projet précédent, c’est un film 3D qui montre la guerre incessante que se livrent des êtres à l’apparence fragile et idéale dans un paradis post-apocalyptique où les paysages sont d'un esthétisme parfait. Ces corps paraissent être ceux des anges, ils n’ont pas de sexe, sont éternellement jeunes, mais il passe leur temps à s’entretuer. Leur identité se limite à celle du rebelle, sans foi ni loi, qui lutte pour la révolution finale. Mais dans cet univers impitoyable, il semblerait, là encore, que ce soit les femmes et les enfants qui dominent le monde. Ces catégories de personnes, habituellement reconnues par nos sociétés néo-machistes comme faibles et innocentes, sont d’une cruauté sans égale, elles tuent le visage passif et froid, dans un geste d’une banalité déconcertante. Ce film révèle le malaise d’une société occidentale qui souffre plus de ses stéréotypes que des guerres, ces stéréotypes sont une « violence symbolique » (Pierre Bourdieu) douloureuses à vivre par un grand nombre de personnes qui elles-mêmes les produisent, pourtant chacun continue de les appliquer de manière totalement passive, le visage serein.

Tous ces travaux sont actuellement exposés :

Le vert Paradis…

Exposition : Du mercredi 07 novembre 2007 au mardi 08 janvier 2008

Passage de Retz
Téléphone (+33) 148 043 799
Email jfk.retz@passagederetz.com
9, rue Charlot
75003 Paris
France
Entrée : 8 euros. Tarif réduit : 5 euros

Ouvert du mardi au dimanche de 10h à 19h Métro : Filles-du-Calvaire

Quelques liens :

Lien vers le site de AES + F
Lien vers une présentation de AES + F par Catherine Philippot

Lien vers un présentation de l'expo Le vert paradis... de Catherine Philippot

 

Posté par cyberkor100org à 10:37 - Design, 3D, animations et jeux vidéo - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Béjart a tendu la main... les étoiles l'ont attrapé

maurice_b_jart2

"Maurice Béjart s’est éteint "la nuit dernière à 0h25 au CHU de Lausanne", précise l’écrivain François Weyergans, prix Goncourt 2005 et proche ami du chorégraphe.

Selon la municipalité de Lausanne, le chorégraphe avait été hospitalisé la semaine dernière, pour la deuxième fois en l’espace d’un mois pour des problèmes cardiaques et rénaux. Le mois dernier, le chorégraphe avait déjà été hospitalisé quelques jours à la suite d’un "coup de fatigue".

Le créateur suivait quotidiennement les activités de sa compagnie depuis son lit d’hôpital, en particulier l’avancement du "Tour du Monde en 80 minutes", sa dernière production qui devait être présentée à partir du 20 décembre à Lausanne."

Information recueilli sur France Info (cliquez sur le lien pour avoir accès à des documentaires audio racontant le parcours du chorégraphe)

Posté par cyberkor100org à 08:56 - Actualité - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
« Accueil  1  2  3  4   Page suivante »